Historique de la SOS

Plus sur la SOS

HISTORIQUE DE LA SOUSTRACTION OCCLUSALE SÉQUENTIELLE SOS®

Il n’y a pas de recherche appliquée ; il n’y a que des applications de la recherche fondamentale. Louis PASTEUR

Rappel : la Soustraction Occlusale Séquentielle SOS® est fondée sur :

  • l'existence, chez l'homme, d'une double innervation de la dent: tactile et douloureuse.
  • (Mei, Hartmann 1975) (Mei, Hartmann 1977) (Aubert, Hartmann 1978)
  • la réalité des projections au niveau du cerveau du patient des récepteurs tactiles dentaires. (Trulsson 2010)
  • des données fournies par IRMf (Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle) établissant, chez l'homme, les projections corticales des récepteurs périodontaux. (Trulsson 2010) [Salenc 1979]

La Méthode de "Soustraction Occlusale Séquentielle" SOS® n'est pas née du hasard. Elle résulte en fait d'une frustration profonde et continue du clinicien devant la difficulté, voire l'impossibilité d'apporter une réponse satisfaisante aux demandes de patients aux pathologies aussi diverses qu'invalidantes.

Frustration première devant la complexité, la cherté (il faut le dire aussi) ... et l'inefficacité des meulages des dents, dits "sélectifs", de la gnathologie américaine ; meulages si peu sélectifs, mais plutôt intempestifs devrait-on dire, que leur manque de résultat et leur nocivité devait avoir pour issue l'abandon de cette technique dès 1996 ! Dès lors, le meulage étant taxé d'hérésie, on interdisait au médecin-dentiste de meuler, ... de fraiser ! Pourtant, il convient de reconnaître que le praticien est le plus souvent contraint, lors de la pose d’une coiffe céramique ou d’un bridge, d'en rectifier légèrement la surface ; simplement parce que le patient perçoit un déséquilibre entre ses arcades dentaires.

Frustration encore lorsqu'on a décidé de n'envisager que des traitements réversibles (= sans changement ?). Mais trêve de polémique. Fort heureusement pour nos patients, nous sommes au XXIème siècle et force est de constater que les choix thérapeutiques pour l'odontostomatologie sont désormais en pleine évolution.

En 1988 Albert Jeanmonod, Professeur honoraire à la faculté de chirurgie dentaire de Paris VII, publie un ouvrage totalement à contre-courant de toutes les théories mécanistes qui sont alors à la base du traitement occlusal tel qu'il est conçu depuis des décennies; il y décrit une méthode fonctionnaliste qui met enfin le patient au centre de nos préoccupations. Mais à l'instar de nombreux chercheurs, il aura malheureusement raison trop tôt, et sa méthode, vertement critiquée dans toute la profession, n'aura finalement qu'un très faible écho, ceci en dépit de résultats spectaculaires. Comme chacun sait, nul n'est prophète en son pays !

Cela donne cependant l'espoir, sans trop faire de bruit, de pouvoir envisager des traitements prenant en compte les disciplines de base de la médecine : l'anatomie, la physiologie, la biochimie  ... en lieu et place de données mathématiques associées à la manipulation d'instruments (arc faciaux, articulateurs) toujours plus sophistiqués et ne reflétant que de très loin la réalité de la nature.

Jeanmonod fait état d'un phénomène récurrent chez ses patients, "la crispation des mâchoires dents serrées" (nommé "Habitude de contact dentaire" par les Japonais ou "clenching" chez les Anglo-saxons) et de son effet délétère sur tout le système stomatognathique. Il note également l'importance des récepteurs périodontaux dans la genèse et la persistance de cette parafonction. 

La curiosité éveillée par cette approche fonctionnaliste, il s'en est ensuivi une véritable "fouille bibliographique" aux résultats étonnants: un véritable "voyage dans le temps", où l'on découvre que depuis des années, voire des décennies, travaux scientifiques rigoureux et publications nombreuses, certes bien accueillis dans les milieux de la recherche fondamentale, restaient totalement méconnus des cliniciens, tant en médecine qu'en médecine dentaire. 

Ainsi   avons - nous été vivement intéressé par les travaux cliniques de RIGOLET (1983).  Nous avons eu l'opportunité, de prendre connaissance des travaux de recherche fondamentale de HARTMANN (1970)  ROUBIEN  (1970 ) MEI N , Hartmann F , ROUBIEN R (1975) AUBERT (1976). Ces travaux réalisés, en France, sous anesthésie générale sur le chat, dans le cadre du Laboratoire de Neurobiologie du CNRS nous permettaient d'entrevoir que la Soustraction Occlusale Séquentielle que nous envisagions d'appliquer avait une justification scientifique. Selon HARTMANN (http://tmd-dentalmedical.org), il est indiscutable que la dent des mammifères et de l'homme en particulier possède un pouvoir de discrimination remarquablement fin (MEI N , HARTMANN F , ROUBIEN R (1975). Fort de ces données, nous continuions dans cette voie. Simultanément  nous avons pris connaissance des travaux de SALENC (1979) concernant la projection des récepteurs périodontaux au niveau du cerveau du chat, de la projection de ceux-ci au niveau de l'hypothalamus, TRUB (1979). En 2010 TRULSSON confirmait  ces données sur le cerveau de l’homme par le biais de l’IRMf (Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle).

 

Ainsi, la phrase de HUBEL  prenait toute sa valeur :

" Le mécanisme de l'information sensorielle est comparable chez tous les mammifères. Il ne peut s'agir que de quantité de structure étudiée et non de qualité. La ressemblance entre le cerveau du chat et de l'homme est telle qu'il importe peu de savoir exactement quelle structure on étudie." (HUBEL D., Prix Nobel, Professeur de neurophysiologie / Harvard - U.S.A.)

De tous ces travaux (cf. bibliographie du chapitre "Recherche fondamentale), Il  convient de retenir :

  • que les propriocepteurs dentaires tactiles de type 1 répondent à des stimuli de l'ordre de grandeur du gramme et du centième de mm.
  • que le cerveau de l'homme (comme de tous les mammifères) est susceptible de fonctionner  avec la précision d'un ordinateur, dès lors que le clinicien prend le soin de donner à son patient un système de référence.
  • qu'il est en conséquence plus performant qu'un articulateur ou toute autre "machine" simulant positions dentaires et fonctions occlusales. Pourquoi ? parce que le cerveau de nos patients perçoit les plus infimes variations d’épaisseur entre le côté droit et gauche de ses arcades dentaires. On l'en convaincra aisément en lui faisant ressentir la présence entre ses molaires d'un cm2 de la demi-épaisseur d'un kleenex : 8 millièmes de mm., 10 fois plus fin qu'un cheveu !

Pour l'exemple, répéterons-nous, il est extrêmement rare qu'un élément prothétique (couronne ou bridge par ex.) soit mis en bouche sans retouche. En mettant en oeuvre les méthodes les plus sophistiquées pour la réalisation de cette prothèse, il y a tant d'étapes où l'imprécision peut se glisser qu'il est matériellement impossible d'arriver à la précision de l'ordre du centième de mm. ressentie par le patient. A fortiori lors de l'élaboration des plans de meulages.

Le patient, lui, ressentira une gêne et vous en fera la remarque... et il faudra bien "meuler" pour que ce soit "confortable". Lui répondre :"vous allez vous habituer" est une imposture neurophysiologique ! (HARTMANN).

RARES sont ceux qui courent le 100 mètres en 10 secondes. En revanche, en nous fondant sur la neurophysiologie, nous avançons que N'IMPORTE QUEL PATIENT possède cette discrimination tactile ultra-précise  -  faisant intervenir la projection des récepteurs périodontaux au niveau de son propre cerveau.

Ainsi, la recherche fondamentale  - la neurophysiologie en l'occurrence  -  justifie et valide la Soustraction Occlusale Séquentielle® SOS, méthode mini-invasive qui, par micro-meulages, permet l'amendement de nombreux symptômes liés à la dysharmonie occlusale. Cf. "cas cliniques" qui ne représente qu'une faible partie des patients ayant consulté depuis les débuts (env. 2000).

Ci-dessous, une bibliographie non exhaustive (reprise dans le chapitre "recherche fondamentale") recensant une partie des publications consultées et qui nous ont conforté dans notre démarche.

BIBLIOGRAPHIE

Hartmann F (1970) Etude de la décharge des différents récepteurs appartenant au territoire trigéminal. Enregistrement par microélectrodes extracellulaires au niveau du ganglion de Gasser. Thèse 3ème cycle Sci Odontol Marseille

Mei N, Hartmann F, Roubien R (1971) Functional characteristics of dental ligament mechanoreceptors in cats. J Physiol (Paris) 63, 6: 137

Mei N, Hartmann F, Roubien R (1975) Caractéristiques fonctionnelles des mécano-récepteurs des ligaments dentaires chez le chat. J Biol Buccale 3: 29-39

Mei N, Hartmann F, Aubert M (1977) Periodontal mechanoreceptors involved in pain. In: Pain in the trigeminal region. Anderson DJ & Matthews B (ed) Elsevier: 103-10

Hartmann  F .,  Salenc  C.,  Aubert  M. Données nouvelles sur l'importance et le rôle de la sensibilité desmodontale Orthodontie française , 1978 ,49, 347-50

Hartmann  F. Les douleurs crânio-faciales d'origine dentaire Médit. Médic., 1979 ,180 , 3 , 5-15

Hartmann  F.,  MeiI  N., Vedel  J.P. Bases neuro-physiologiques de l'occlusion Encycl. Medic. Chir., Paris, 1979, Stomato., 22008, C 10

Salenc C (1979) Projection des nerfs maxillaires et des récepteurs dentaires sur le cortex cérébral du chat. Thèse 3ème cycle Sci Odont Marseille

Trub M (1979) Projections hypothalamiques de la sensibilité desmodontale. Thèse 3ème Sci Odontol Marseille, 113 p

Hartmann  F.,  Mei N.,  Salenc  C.,  Trub  M. Sensibilité desmodontale et croissance osseuse Le Chir.-Dentiste de France, 1980, 73 , 57-8

Hartmann  F., Vedel  J.P.,  Mei  N. Physiologie et physiopathologie de la mastication Encycl. Medic. Chir., Paris , 1982, Stomato. , 22008, A 15

Hartmann F., Bonfil J-J., Druon A.P., Trentinella C., Cucchi G. Le Syndrome algo-dysfonctionnel de l'Appareil Manducateur Médit. Médic., 1983 , 295 , 49-54

Rigolet D (1983) Le syndrome de dysfonctionnement des ATM. Ann Oto Laryngol 98: 527

Hartmann F, Mei N, Salenc C, Trub M (1985) Periodontal sensitivity and bone growth. Actual Odontostomatol 39; 151: 673-83

Hartmann  F.,  Cucchi G.,  Antrassian J.,  Trentinella C., Orofino J. Neurophysiologie et équilibration en prothèse adjointe totale Les Cahiers de Prothèse, 1985 , 51 , 79-90

Hartmann.,  Cucchi  G. Syndrome des ptérygoidiens et douleurs oculaires Médit. Médic., 1986, 347 , 27-30

Hartmann., Cucchi G. Muscle ptérygoïdien et S.A.D.A.M. : Diagnostic précoce et traitement Revue d’Odontostomatologie Tome XVI, 3 : 209-218

Hartmann F.,  Planche D.,  Capponi C.,  Cucchi G.  Manducation et troubles de l'audition Médit. Médic., 1986 , 356 , 19-22

Jeanmonod  A.(1988) Occlusodontologie: Applications cliniquesEd. CDP - Cahiers de Prothèses, 358 pages

Hartmann F., Cucchi  G. (1988) Le Syndrome de Costen : réévaluation du diagnostic Médit. Medic., 376 : 3-12

Hartmann F., Sarrat P., Gaudy J.F., Cucchi G., Susini G. (1988) Muscle ptérygoïdien latéral, dissection anatomique et imagerie médicale. Perspectives dans le traitement du S.A.D.A.M.
Act. Odont. Stomat., 1988, 163, 545-566

Hartmann F., Cucchi G., Orofino J. Trouble occlusal sévère et syndrome des ptérygoïdiens. Une solution à un problème clinique. Inform Dent 1989, 8 : 549-554

Hartmann F., Sauget Y, Orofino J. Incidence des chocs sur la posture et le mouvement de l’articulation temporo-maxillaire Compte rendu du XIVème Congrès de la Société de Biomécanique 1989

Pognonec S., Lamas G., Goudot P., Soudant J. Articulation temporo-mandibulaire : Anatomie, Physiologie, Rappel clinique Sem. Hop. Paris, 1991, 67, 22, 1019-1027

Trub M, Mei N, Orsini JC (1991-A) Macro and micro-electrode study of hypothalamic projections of periodontal afferents in the rat and cat. Brain Res Bull 27: 29-34

Trub M, Mei N (1991-B) Effects on periodontal stimulation on VMH neurones in anesthetized rats. Brain Res Bull 27, 1: 29-34

Hartmann F., Cucchi  G. (1993) Les dysfonctions cranio-mandibulaires (SADAM) Nouvelles implications médicales, Ed. Springer, 335 pages

Trub M, Mei N, Orofino J (1996) Periodontal and gastric convergences within the hypothalamic ventromedial nucleus area - single unit study on anesthetized rats. Behav Brain Res 72: 33-7

Héraud J., Orofino J., Hartmann F., Vérification de la dimension verticale d'occlusion par une méthode stéréognosique. 4ème colloque européen de T.ED; 37-42

Catania K.C. , Remple M. S. , Somatosensory cortex dominated by the representation of teeth in the naked mole-rat brain in “PNAS, Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America. Déc. 2001. http://www.pnas.org/content/99/8/5692.full?cited-by=yes& legid=pnas; 99/8/5692

M. Trulsson, S.T. Francis, R. Bowtell, F. McGlone (2010) : Activation du cerveau en réponse à une stimulation vibrotactile (2010): une étude psychophysiologique réalisée à l'IRMf (fonctionnelle) J. Neurophysiol 104: 2257-2265