Traitement global la SOS

Plus sur le traitement global la SOS

LA SOUSTRACTION OCCLUSALE SÉQUENTIELLE® (S.O.S.) 

SOS

Anamnèse et analyse occlusale

Outre l'anamnèse générale, qui nous donnera des indications précieuses sur le "vécu" médical du patient, on procédera à l'examen de la fonction manducatrice :

palpation des ATM (claquements et /ou craquements), palpation des muscles manducateurs, évaluation de l'espace libre et de la dimension verticale de repos, des mouvements de diduction (latéralité), d'une éventuelle limitation de l'ouverture buccale, en déviation ou non, présence ou absence de protection canine, etc. Puis suivra l'analyse occlusale proprement dite, examen qui nécessitera au préalable l'obtention d'une relaxation musculaire, plus spécifiquement celle des muscles élévateurs de la mandibule, relaxation plus ou moins difficile à obtenir, c'est selon. Après suppression de la mémoire occlusale, on procède à la mise en évidence par marquage au papier d'occlusion des diverses prématurités et autres interférences responsables de la dysharmonie occlusale. Ces marques fixées sur écran par caméra intra-orale, l'on peut ainsi donner des explications plus circonstanciées au patient, en lui montrant par exemple des facettes d'abrasion et autres détails qui lui rendront plus évidentes les causes de son mal.

Principes et déroulement du traitement

Dans une deuxième séance, le traitement proprement dit peut être effectué. On procédera à l'élimination par micro-meulages des interférences notées à l'analyse occlusale.

Le terme de "meulages sélectifs" n'a pas bonne réputation car souvent utilisé comme un euphémisme, son importance et son usage répétitif et parfois très peu "sélectif" ont laissé durant des décennies de très mauvais souvenirs tant dans les bouches des patients que dans la pratique professionnelle.

C'est pourquoi nous préférons parler de "soustraction occlusale" pour montrer que cela ne concerne que la partie superficielle de l'émail (le 2/100ème de son épaisseur). Ce n'est donc pas à comparer avec le siège bancal dont on scie les pieds à tour de rôle pour se retrouver assis… à terre ! C'est pratiquement indolore ; la dimension verticale n'est pas modifiée et l'anatomie des dents est parfaitement conservée.

Pourquoi "séquentielle"? Tout simplement parce que si l'intervention, dans la majorité des cas, ne dure qu'une seule séance (en moyenne une heure et quart à une heure et demie selon la difficulté du cas), elle se fait en plusieurs étapes. :  

 

La première demi-heure consiste à passer d'une occlusion dite "de convenance" (OHF = Occlusion Habituelle de Fonction), ou solution du patient pour "faire avec", mais en quelque sorte biaisée, à une occlusion dento-déterminée asymptomatique, c'est-à dire avec une musculature détendue, décrispée, et donc sans douleur.


A ce stade il faut avoir pu, dans l'idéal, restaurer les contacts canins si ceux-ci étaient absents. Il faut savoir que la canine, de par sa fonction proprioceptrice est LA dent la plus importante de la bouche du point de vue de la protection et du guidage lors des mouvements mandibulaires de fermeture et de diduction (latéralité). Après équilibration des régions molaires et prémolaires gauche et droite, on peaufine au niveau du bloc antérieur (incisivo-canin). Les deux groupes canins gauche et droit doivent entrer en contact avec la même force, et aucune gêne ne doit être ressentie au niveau incisif.


La troisième étape consiste à supprimer les interférences en diduction (= lors des mouvements de latéralité), et à vérifier la présence éventuelle de contacts nociceptifs non travaillants (= du côté opposé au mouvement latéral). On supprimera de même toute interférence lors des mouvements de protrusion (glissement de la mandibule vers l'avant).


Les finitions si l'on peut dire. Bien que le patient soit sur le fauteuil depuis maintenant plus d'une heure, sa musculature est complètement détendue, il "sent à nouveau sa bouche", l'engrènement est parfait et il est capable de discerner une surélévation d'un centième de mm.!!


 

 

On notera qu'en fin de séance, après une intervention qui pourra durer une heure et quart, une heure et demie, et parfois plus, le patient éprouve paradoxalement un sentiment de profonde détente musculaire au niveau de sa mâchoire.

Comme indiqué plus haut, dans la majorité des cas une seule séance suffit à rétablir une occlusion équilibrée et asymptomatique (sans douleur). Dans certains cas complexes cependant une ou deux séances supplémentaires seront nécessaires pour obtenir un repositionnement mandibulaire correct et stable.

Il est entendu que cette procédure devra par principe s'appliquer dans tous les cas . Outre le problème de surocclusion décrit plus haut (une dent "trop haute") ou la sus-occlusion (groupe de dents "trop hautes" et suppression de l'espace libre de repos existant dans les conditions normales entre les deux maxillaires), on peut aussi constater des sous-occlusions, des béances et autres édentations qui pourront nécessiter, dans de rares cas particuliers, la mise en œuvre de restaurations plus ou moins complexes (obturations, prothèses amovibles ou fixes telles qu'inlays, ponts et couronnes).

Mais de toute manière le but premier étant d'obtenir un état de relaxation musculaire, l'intervention de Soustraction Occlusale Séquentielle® s'avère absolument indispensable.

Serrements des dents

Cf: d'après Hartmann-Cucchi avec l'aimable autorisation des auteurs

Le but de l'équilibration selon la technique neurophysiologique de Soustraction Occlusale Séquentielle® SOS® (J.C.CROTTAZ) est d'obtenir l'équilibre le plus parfait possible entre le volume des afférences dentaires droite et gauche (voir schéma ci-dessus).

 

En fin d'anamnèse et avant l'intervention de Soustraction Occlusale Séquentielle®, nous recommandons au patient de procéder dans la mesure du possible à une application préalable de la technique de Hartmann-Bratzlavski (inhibition du V par le VII) voir la rubrique: serrez-vous les dents ?

Même s'il n'effectue le pincement des lèvres que partiellement (pas assez souvent ou durant un laps de temps trop court avant l'intervention), on obtiendra néanmoins les deux précieux avantages suivants :

1° Neurophysiologiquement, le patient verra sa sensibilité discriminatoire notablement amplifiée.

2° Il sera par conséquent plus à même de renseigner l'opérateur sur les infimes différences ressenties entre les côtés droit et gauche.

En cours de phase clinique, et plus encore en fin d'intervention, lorsque la précision devient telle qu'un éventuel déséquilibre n'est plus perceptible, on peut demander au patient de fermer les yeux. Cette suppression des afférences visuelles va en quelque sorte exacerber le système lemniscal du patient et affiner encore ses sensations Pour information, le système lemniscal véhicule la sensibilité vibrotactile (du tact fin) et proprioceptive (récepteurs périodontaux).

fr.wikipedia.org/wiki/Somesth%C3%A9sie#R.C3.A9cepteurs_somesth.C3.A9siques

Contrairement à un certain consensus qui tendait à proscrire une technique qualifiée d'irréversible (les "meulages sélectifs" de la Gnathologie américaine 1924-1996, abandonnés depuis lors) les micro-meulages d'équilibration SOS® effectués dans les cas cliniques présentés dans ce site sont infimes. Ils sont fondés sur les variations de la sensibilité tactile dentaire perçue par le cerveau humain. Les épaisseurs soustraites sont, dans la grande majorité des cas, de l'ordre pour chaque dent d'au maximum quelques centièmes de millimètre. Sachant qu'il y a plus de finesse de discrimination au niveau incisivo-canin qu'au niveau prémolaire-molaire, précisons encore que l'épaisseur minimale susceptible d'être appréciée par un cerveau humain est de 8 millièmes de millimètre. Cela correspond à la demi épaisseur d'un kleenex, c'est à dire 10 fois plus fin qu'un cheveu !

 

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En Extrême-Orient, les marchands de perles calibrent celles-ci entre les dents avec une très grande précision.
La discrimination peut atteindre quelques microns seulement, soit quelques millièmes de millimètre!


D'après HARTMANN :

Il y a plus de finesse entre deux dents antagonistes qu'entre le pouce et l'index du cambrioleur, lequel peut avec ceux-ci trouver la combinaison de l'ouverture d'un coffre-fort. Toujours d'après cet auteur, au XXIème siècle, l'équilibre des sensations tactiles de leurs dents ressenties par les patients sur le fauteuil du praticien est un impératif catégorique. Au XXème siècle la profession se préoccupait essentiellement  de la physiologie des mouvements de la mandibule. Au XXIème siècle, la recherche fondamentale a confirmé de manière certaine l'importance essentielle de la capacité discriminative exceptionnelle du cerveau de nos patients. (cf. bibliographie in « recherches fondamentale » : Hartmann, Mei, Cucchi, Salenc, Trub, Trulsson, etc…)

A nous praticiens incombe de savoir en faire usage. Ainsi, au XXIème siècle, dire à un patient qui ressent néanmoins une certaine gène au contact inter-dentaire « ça va s'adapter » relève de la faute professionnelle.

En se fondant avec rigueur sur les publications citées en bibliographie (chapitre "recherche fondamentale"), et ne cessant de demander au patient s'il percevait ou pas un déséquilibre de l'information au niveau de son propre cerveau, l'on parvient à réaliser un équilibre ressenti comme tel par le patient.

Que le patient perçoive son occlusion équilibrée au niveau de son propre cerveau est le but ultime de notre démarche.

On obtient ainsi par ce procédé une relation intermaxillaire dento-dentaire parfaitement équilibrée, entraînant une sédation immédiate des tensions et crispations musculaires oro-faciales et manducatrices, et par voie de conséquence un amendement progressif des troubles à distance.

Rappelons ce que le Prof. Jeanmonod disait déjà en 1988 (occlusodontologie, applications cliniques) :

"L'ostéo-arthrite temporo-mandibulaire est indolore en soi" (...) "La douleur est uniquement musculaire." Chez le patient, on traitera les causes produisant les crampes musculaires de l'appareil manducateur. Ceci permet de retrouver une position de repos physiologique pour tous les muscles posturaux de la mandibule "Cette position est vivifiante pour toutes les structures de l'appareil stomatognathique".

Le contrôle occlusal ultérieur

Tout au long de l'intervention de Soustraction occlusale Séquentielle® SOS et à la fin de celle-ci, nous procédons systématiquement à des contrôles d'équilibration avec suppression des afférences visuelles. Il s'agit d'une technique stéréognosique qui se pratique donc les yeux fermés. Ceci permet au patient de s'évaluer au centième de mm près. Il doit donc quitter le cabinet "entièrement satisfait", dirons-nous pour simplifier.

S'ensuit alors :

  • une phase d'habituation de quelques semaines, durant laquelle les nouvelles informations issues du nouvel équilibre instauré doivent être assimilées par le cerveau
  • une ou plusieurs séances d'ostéopathie crânio-sacrée (cf. plus bas)

Ce n'est qu'ensuite que nous revoyons le patient pour contrôle (en général dans un délai d'un mois). Pour la grande majorité des cas, aucune retouche n'est nécessaire, ou alors minime. Dans d'autres cas, moins fréquents, une petite séance de 15 à 30 minutes suffit à rectifier les détails, mais il s'agit toujours de centièmes de mm. par-ci par-là; ces dernières interférences étant par ailleurs si faibles que le corps s'y habitue et les compense parfaitement. Mais le patient étant devenu parfaitement "occluso-conscient", son ressenti en est en quelque sorte exacerbé et il vaut donc mieux procéder à ces quelques retouches.

C'est là l'une des raisons qui nous font particulièrement insister sur le fait qu'à la sortie de la séance de rééquilibration occlusale, le patient doit impérativement cesser de se tester !


 

Essai de classification des cas (par degré de complexité croissante) : 


  • Cas standard : bridge en surocclusion → sinusalgie (= pseudo-sinusite)

Dans sa carrière, chaque praticien a sans doute été confronté à plusieurs reprises à ce cas de figure parfaitement classique.

Ce patient se plaint d’une douleur presque constante dans la région du sinus maxillaire gauche, ce depuis une année. Il a consulté plusieurs spécialistes ORL en pensant à une sinusite chronique. Tous les examens cliniques et radiographiques sont négatifs et ne mettent en évidence aucun phénomène de nature inflammatoire, infectieuse ou dégénérative à ce niveau-là.

A l’examen endobuccal, on  constate  la présence d’un bridge céramo-métallique sur 25-27 (prémolaire-molaire sup. gauche). A l’anamnèse, il se trouve  qu’il  a  été posé il  y  a  une  année.  L’examen révèle une importante surocclusion en Centrée et des interférences très nettes en diduction (mouvements de latéralité). Deux minutes auront suffi pour équilibrer ces éléments prothétiques. Le patient est rapidement soulagé par cette nouvelle approche biomécanique, intervention relativement simple dans ce cas précis.

 

  • Rencontre du 1er type : bruxisme et ronflements (effets à distance de type local)

Ce patient est atteint de bruxomanie depuis environ 20 ans : bruxisme excentré nocturne (grinding) et centré diurne (clenching). Il a déjà détruit plusieurs gouttières de type Michigan. Lors de son service militaire, il a toujours été placé à l’écart, le bruit de ses grincements empêchant toute la chambrée de dormir. Ce bruxisme est en outre accompagné de ronflements importants, et son épouse fait chambre à part depuis des années. Après équilibration occlusale, micro-meulages par Soustraction Occlusale Séquentielle® SOS®, séance unique d’une heure, le patient cesse dès le lendemain tout ronflement et bruxisme. Sans aucune récidive depuis maintenant quatre ans; avec la cessation des nuisances sonores, l’épouse a rejoint le lit conjugal.

 

  • Rencontre du 2ème type : sciatalgie tenace (effets à distance de type éloigné / cas simple)

Le patient consulte sans succès plusieurs médecins pour une sciatique tenace et rebelle à tous les traitements, et ce depuis une année. A l’anamnèse, il avoue une crispation des mâchoires dents serrées (clenching). Après équilibration occlusale, micro-meulages par Soustraction Occlusale Séquentielle® SOS®, séance unique d’une heure, les douleurs disparaissent dès le lendemain. En fait de sciatique (de type conflit disco-radiculaire), il s’agissait ici d’une sciatalgie (d’origine musculaire et fonctionnelle).

 

  • Rencontre du 3ème type : pathologie lourde (effets à distance de type local et éloigné / cas complexe)

Le patient, inscrit à l’assurance invalidité, ne dort quasiment plus depuis cinq ans. Le bruxisme centré nocturne (hard clenching) est si fort qu’il le réveille toutes les deux minutes et l’empêche d’atteindre le sommeil profond, réparateur. Totalement épuisé, fortement dépressif, les symptômes énumérés sont les suivants : ATM douloureuses, acouphènes importants, névralgies faciales, 3 fortes migraines par semaine (durée une journée, passée dans le noir à vomir), vertiges, sinusalgies, céphalées frontales, temporales, occipitales, Arnoldites, et en casque, contracture des muscles trapèze, contracture des muscles manducateurs (= de la mastication), douleurs intenses au niveau des muscles temporaux, cervicalgies, dorsalgies, lombalgies, épicondylites droite et gauche, sciatalgies, crampes musculaires multiples (cuisses, mollets), forte suspicion de fibromyalgie, hypoconvergence oculaire droite….

Le lendemain de l’intervention, micro-meulages par Soustraction Occlusale Séquentielle® SOS®, séance unique d’une heure, le patient nous téléphone pour nous dire qu’il a dormi 10 heures d’affilée, ce qui ne lui était plus arrivé depuis des années. Une semaine plus tard, les migraines ont disparu. Deux semaines de plus et l’on constate l’amendement de la quasi-totalité des symptômes.