Le bruxisme

Plus sur le bruxisme

On le classe en deux catégories :

  • Le bruxisme excentré ou grincement des dents nocturne (anglais "grinding")
  • Le bruxisme centré ou serrement des dents nocturne et diurne (anglais "clenching")

Tous deux ont des conséquences au niveau local et à distance :

Ses conséquences

1° Au niveau bucco-dentaire : érosions et abrasions dentaires, parodontolyses, mobilisation, fractures et pertes de dents, contractures et spasmes douloureux des muscles manducateurs et linguaux (glossodynie), perturbations musculaires faciales (tics). 

2° Au niveau de la face et du dos… Par la voie neurophysiologique réflexe, des douleurs de l'Articulation Temporo-Mandibulaire (ATM) avec irradiation sur la face (céphalées, migraines, névralgies) et les muscles cervicaux et dorsaux. L'ex S.A.D.A.M., ou Syndrome Algo-Dysfonctionnel de l'Appareil Manducateur, en est l'une des manifestations locales les plus spectaculaires; on préfère actuellement le terme de dysfonctions temporo-mandibulaires ou TMD, sigle anglophone pour Temporo-Mandibular Dysfonction. Autres troubles locaux plus particulièrement liés à l'oreille: acouphènes (bourdonnements, sifflements..), sensation d'oreille bouchée, vertiges ...

3° Et plus loin encore : des douleurs musculaires au niveau des régions cervicales, dorsales et lombaires. Les muscles de la face et du cou étant en relation avec la région cervico-scapulaire, ils influencent tout le système musculo-tendineux cranio-sacré (muscles et ligaments dorsaux, de la nuque au coccyx) et donnent également lieu à des douleurs plus périphériques (hanches, jambes, genoux) ressenties comme des tensions, contractures, brûlures, symptomatiques de la fibromyalgie, syndrome parfois un peu snobé par le corps médical, mais parfaitement reconnu comme tel dès 1990, et déjà très bien décrit à l'époque par l'American College of Rheumatology. Plus prosaïquement, une sciatalgie tenace peut donc provenir d'une dent trop haute de quelques centièmes de mm. Il convient de garder en tête la phrase de Pullinger (U.C.L.A. Université de Californie, Los Angeles, U.S.A.) : "La tolérance de la malocclusion dépend de la fréquence et de l'intensité de la charge".

De manière générale, cette parafonction (malocclusion - stress - facteurs psycho-sociaux) peut entraîner toutes sortes de troubles relativement invalidants: grande fatigue physique et psychique, syndrome de fatigue chronique (SFC), diminution de la concentration, états dépressifs, etc.

Mais rappelons encore une fois que c'est essentiellement le bruxisme centré (clenching ou "crispation des mâchoires dents serrées" du Prof. Jeanmonod) qui est la plupart du temps à l'origine des douleurs référées et des troubles associés décrits ci-dessus. (Prof. Hartmann)